Osakikamijima août 2018 – episode 3


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EPISODE 3

Osakikamijima – août 2018

Une île choisie au hasard des parcours, changement de dernière minute. Quelques heures de route en car longeant l’arrière pays d’Hiroshima si vertdoyant pour atteindre Takehara depuis Hiroshima.

Un ferry pour une demie-heure oú une jolie danseuse de ballet nous attendait sur l’autre rive.

Osakikamijima est une large île de 43 km² au milieu d’un archipel de 115 îles. 

Ilot sauvage entre Takehara et Osakikamijima

Le climat est chaud et les principales activités sont l’agriculture et la construction navale. Il y a des ports partout tout autour de l’île, nous avons fait une partie en vélo et les curiosités métalliques pour qui aime ces chantiers vous accueillent dans une atmosphère expectatique, des grues et des aigles viennent se rencontrer.

Outre de nombreuses fermes et plusieurs chantiers navals, d’autres lieux notables incluent une grande centrale de charbon, un collège maritime national et un superbe hôtel Seifukan oú nous avons profité de cet onsen paradisiaque qui donne sur le paysage magnifique de la mer intérieure de Seto.

Malgré une petite communauté, les natifs et résidents pratiquent le Kaidenma. C’est un bateau traditionnel qui sert à célébrer les rituels shinto et vous pouvez retrouver son histoire jusqu’à la fin de la période Edo. Dans chaque bateau, il y a dix-huit personnes, dont quatorze rameurs appelées « kako水夫. À osakikamijima, il y a plus de dix fêtes traditionnelles tout au long de l’année et chaque festival a des histoires uniques.

À ne pas confondre avec le Kendama, à l’instar du bilboquet occidental, dont j’ai rencontré des gens qui aiment le pratiquer entre amis.

Les ostréiculteurs

Des bateaux de pêche, surmontés de leurs chaluts, naviguent d’un radeau à un autre avant de retourner à leurs jetées de bric et broc. Ces bateaux sont ceux des ostréiculteurs de Hiroshima, qui utilisent ces radeaux faits de bambou comme support pour leurs élevages d’huîtres. Accrochées sur les fils installés sur ces structures, elles grandissent directement dans l’eau.

Le japon tisse ses traditions autour des techniques occidentales, beaucoup utilisent la technique française d’affinage des huîtres en claires.

Balade à vélo le long de la côte, il fait chaud et nous ne croisons que libellules, aigles, parfois une vieille dame (Photo à venir, merci canon et ses applis non mises à jour ! 😬) qui transporte un petit chariot.

C’est le désert

Nous restons deux nuits dans une jolie maison traditionnelle oú les matelas posés sur les tatamis sont à la fois durs et confortables. Ici les allées et venues du consumériste voyageur sont effacées. On écoute les cigales et le chant de la brise sur les papiers japonais encadrés sur les panneaux coulissants qui nous cernent tout autout de la maison. Ce sont les cloisons légères, des petits carreaux sont ajourés, approchez-vous pour y voir un morceau de la mer. La maison est ouverte à chaque étage,  libre et sereine dans un archipel pacifique. 

À la plage, j’ai rencontré une japonaise qui nageait gracieusement, elle était couverte pour se protéger du soleil, elle semblait avoir les cheveux très longs.

Je l’ai observée puis je l’ai vue grimper sur les rochers.

Elle a trouvé un vieux bidon en plastique puis a commencé à le remplir avec des bouteilles, des canettes, il y avait de quoi ramasser et autant de récipients à remplir. 

Elle s’est redressée puis est remontée à la cabane des gardiens de la plage dont elle est amie.

Ensuite elle est revenue avec une grande bassine vide et j’ai compris qu’elle ne pouvait s’arrêter ainsi.

Je l’ai vue rempli de bouteilles d’eau, de canettes, de mousses, de sandales, et ainsi de suite de tuyaux, de morceaux de polystirène, etc. 

Elle a constaté qu’il y avait bien plus que ce qu’elle pouvait voir depuis le sommet des rochers.

D’une part c’est un geste naturel qui devrait venir de chacun de nous et d’autre part c’est un bon exercice quand on se déplace et se contorsionne en équilibre pour atteindre un objet immiscé au plus profond flottant dans l’eau. 

Après l’avoir aperçue faire un aller et retour, j’ai réalisé que je devais la rejoindre et ne pas rester au soleil comme un lézard avachis.

Lorsque vous voyagez aujourd’hui et capturez des tas d’images, rendez-vous compte de la beauté de ces images ? Des essences à respirer, de la douceur de l’air ? Il y a aussi des hommes qui nettoient derrière vous pour rendre vos paysages immaculés et comme nous sommes en surnombre sur cette planète, nous pourrions changer nos mentalités, ne pas simplement prendre le temps de jeter et trier ce que nous avons consommé mais bien plus encore, occuper notre temps libre pour nettoyer ce que les petites consciences étriquées ont laissé derrière elles.

La jeune femme est allée parler à un enfant, devant sa maman, du rôle qu’elle a choisi et pourquoi elle ramassait tout ça. Elle a même trouvé deux jolies balles qu’elle a offert au petit garçon. Il l’a écoutée.

Elle est persuadée qu’elle peut changer la conscience, la pensée et le comportement de quelqu’un et que cela se développera.

La jeune femme m’a souris, nous avons parlé de la terre, de l’éducation des hommes, puis je l’ai aidée à remplir quelques bassines et en remontant j’ai trié les différents matériaux ; elle m’a fait le récit de ses investigations similaires dans d’autres pays et même en europe, juste pour éveiller les consciences. De la même façon que certains jettent aisément, nous pouvons donner un peu de notre temps pour ramasser et trier. Je ne l’aurai pas fait toute seule, ou du moins pas de cette façon précise. Elle a réussi son pari, maintenant je le ferai sans assister.

Le japon est aussi abimé par le plastique et le métal de nos consommations excessives.

Je vous donne rendez-vous bientôt pour la suite si le temps nous est favorable !

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