Itsukushima août 2018 – episode 4

Pèlerinage japon 2018, Fukuoka • Hiroshima • Osakikamijima Itsukushima • Oita • Yufuin Beppu • Fukuoka

mon itinéraire au japon 2018

EPISODE 4

Itsukushima – août 2018

Plus connue sous le nom de Miyajima, Itsukushima est la région du Momiji manju, petit gâteau moulé en feuille d’érable fourré à l’azuki, pâte de haricot rouge sucrée, ou bien à la crème anglaise, crème de fromage, thé vert matcha ou encore chocolat. D’autres variantes à la forme de feuille d’érable composées de gélatine de konjac ou bien de sirop et agar-agar fourrés de fèves immatures de soja (edamame) ou encore sucrées à la myrtille.

Les desserts pâtisseries sont indénombrables et très élégantes, toujours suremballées, parfois les présentations sont encore plus belles que les saveurs escomptées. Ma préférence va vers les momiji manju à la crème anglaise.

Également un yaourt industriel, une fois ouvert laissant apparaître une gélatine parfumée au lychee à ras bord que compose la totalité du pot et contenant des petits cubes de fruit. Une grosse inscription indique 0 calories, il est vrai que le dessert est très peu sucré, je doute cependant aussi léger qu’il soit, qu’il ne contienne absolument aucune calorie ?
C’est réalisé avec du konnyaku (konjac), un légume-racine avec lequel on réalise beaucoup de pâtisseries.

Vous trouverez les informations ici :
http://www.elle.fr/Minceur/Dossiers-minceur/Le-konjac-le-dernier-secret-minceur-2372606

Les pâtisseries du japon sont souvent comme des bijoux, très emballés, mais si vous êtes curieux et gourmand vous y trouverez des petits trésors !

Nous arrivons en ferry depuis Hiroshima, sa beauté en fait une étape de curiosités pour les amoureux des côtes sauvages, je vous conseille de vous aventurer bien au-delà du port principal de Miyajimaguchi et du point frétillant touristique, vous y rencontrerez une faune dense peuplée de cerfs et daims, d’aigles et faucons, de singes « saru », sangliers, serpents et une grande variété de cigales qui chantent comme des oiseaux.

De son vrai nom Itsukushima

Miyajima a toujours été considérée comme un lieu sacré dans l’histoire japonaise. En 806 après JC, le moine Kōbō Daishi monta sur le mont Misen et établi la montagne comme un site ascétique pour la secte bouddhiste Shingon. Dans les années qui ont suivi, les temples bouddhistes de l’île et les sanctuaires shinto restèrent en étroite relation. Dans le passé, les femmes n’étaient pas autorisées et les personnes âgées étaient expédiées ailleurs pour mourir, de sorte que la pureté rituelle du site ne soit pas entamée.

Les ferries font des allers et retours incessants, les voyageurs viennent passer quelques jours et nombreux sont ceux qui viennent pour la journée.

Bien avant d’accoster, les premiers regards se posent sur le Torii flottant. Miyajima, dont le site est classé depuis 1996 au patrimoine mondial de l’Unesco, est également inscrite comme Trésor national par le gouvernement japonais.
Cette grande porte rouge de 16 mètres de haut, située à 160 mètres du sanctuaire, a été bâtie il y a plus de 1 400 ans et plusieurs fois reconstruite au cours de son histoire ; la version actuelle remonte aux années 1870.
Déambuler le long de la côte et venir s’asseoir entre les pins pour admirer le monument est assez magique je dois dire car les tonalités lumineuses sont à chaque instant différentes. La silhouette offre un couple complémentaire orange et bleu sur l’eau du ciel dès l’aube. Elle esquisse un idéogramme lumineux et lorsque le coucher de soleil mouvant vient la traverser, vous fondez devant le spectacle. Elle est belle aussi en contre-jour sur l’eau argentée, elle change de robe au fil des heures. 

Acteurs illustrés, les daims du centre ville sont dociles et se dispersent calmement parmi les vacanciers. Ils quémandent tranquillement quelque boules de glaces et autres gâteaux traditionnels, ou bien couinent devant les portes des restaurants. 

La balade continue au-delà du Torii et vous emmène dans l’espace du sanctuaire Itsukushima sur piloti. Le rouge flamboyant est paradoxalement apaisant. Les lanternes suspendues donnent un caractère théâtral et les espaces n’en finissent jamais, des corridors, des salles de prière, des terrasses, des balcons, des allées, tout est ajouré et les rayons du soleil couchant jouent avec les structures. Ce pavillon fut construit à l’initiative d’un des plus célèbres personnages de l’histoire japonaise : le shôgun Toyotomi Hideyoshi (1536-1598).

Le pavillon Senjōkaku

Un peu plus haut construite à l’origine en 1407, se dresse la pagode à cinq étage dont la hauteur contraste avec la largeur du sanctuaire.
Sur une petite colline au pied de la pagode, j’entre dans un bâtiment très original, cela ressemble à une grande halle toute en bois. C’est le 千畳閣, Senjōkaku, le pavillon aux 1000 tatamis. Le Hall, qui remonte à 1587.
Toyotomi Hideyoshi, l’un des trois unificateurs du Japon, a commandé Senjokaku dans le but de chanter des sutras bouddhistes pour les soldats déchus. Le bâtiment n’a pas encore été achevé quand Hideyoshi est mort en 1598. Comme Ieyasu Tokugawa a pris le pouvoir par la suite plutôt que les héritiers Toyotomi, le bâtiment n’a jamais été entièrement achevé.
Senjokaku est étonnamment clairsemée, manquant de plafonds. En 1872, le bâtiment incomplet a été consacré à l’âme de son fondateur, Toyotomi Hideyoshi, qui reste sa fonction religieuse actuelle. Le gigantesque plafond est recouvert d’une mosaïque de peintures dont les sujets varient autant que les styles et les périodes de réalisation. Batailles médiévales, représentations bouddhiques, paysages et animaux dans un style moderne, l’œil ne sait plus où donner de la tête.

Le Mont Misen

Le lendemain je décidai de grimper au Mont Misen. Amoureux de randonnées, passionnés de panoramas exceptionnels ou simples admirateurs de forêts luxuriantes, grimpez, l’escapade vaut sa peine. Trois parcours différents sont proposés et comme il faisait une chaleur difficile, je décidai de grimper en téléphérique mais sans billet de retour.
Notez que pour rejoindre ce ropeway, vous aurez un peu de marche à faire et quelques côtes à monter !
En chemin je fis une halte par un temple excentré sur les hauteurs de la ville, Daisho-in le temple aux 500 statues bouddhiques. C’est un temple de la branche Shingon. La visite du complexe se révèle merveilleuse entre les différents pavillons et les centaines de statuettes de Bouddha. La vue surplombant la baie ajoute au caractère prestigieux du lieu sacré. Il y a mille petits recoins à voir et des milliers de pièces de monnaies offertes pour chaque statuettes et statues. 

Vous prendrez 2 téléphériques différents pour arriver à ce que vous croyez être le sommet, mais non, pas encore ! Il faut bien marcher un peu, non ?

Le panorama est très beau mais il y a encore plus beau, il faut prendre un petit chemin qui commence par redescendre puis remonter.

Vous grimperez environ 2 km sur des chemins de plus en plus étroits et chaque fois que vous penserez arriver, ce sera indiqué encore plus haut et grâce au panorama vous serez attiré vers le point culminant en oubliant votre fatigue et la chaleur.

Me voici enfin arrivée à la plus haute position du Mont Misen. Vous arriverez sur un joli bâtiment panoramique en bois.

Pour pimenter l’excursion, je n’avais pris qu’un aller de téléphérique, je suis donc redescendue à pieds au cœur de la forêt, environ 1 heure et demie seule en petite course de cross et je vous assure que la descente en valut la peine !

Chez Monsieur Kanji

Une belle rencontre nous a recommandé Monsieur Kanji qui nous a emmenées dans sa maison qu’il appelle « ferme », située au nord-est de l’île. La moiteur était grande, ce qui nous empêchait d’explorer les environs au-delà de son terrain. Nous sommes restées une matinée à visiter cet endroit atypique qui me rappelait notre maison d’été dans la drôme de par son environnement sauvage. Je retrouvais les mêmes sensations perdue dans la nature. Les sons des insectes, la chaleur, les souvenirs de cette belle solitude dans la montagne et pourtant nous étions à la mer, c’est indéfinissable autrement ; c’est une attirance.

Des dizaines d’aigles et faucons tournoyaient sur la montagne à droite. Nous les avons fixés plus d’une heure.

Aigles Miyajima

Je pense n’avoir jamais vu de panorama aussi beau que depuis sa maison d’été, surplombant les vignes.

Kanji vous propose de vous recevoir pour quelques euros la nuit dans sa ferme. Il parle couramment le français, l’anglais. C’est un personnage cultivé, curieux et sympathique, il aime la musique, l’art et la nature. Vous trouverez une joli vigne, des ruches et une des plus belle vue du monde. Vous y serez au calme pour écrire, oubliez le monde bruyant dans lequel vous vivez le reste de l’année. Il vous préparera des somen, le déjeuner idéal rafraîchissant pour une journée si chaude.

Après ce déjeuner, nous décidons de rentrer au port à pied. Une balade d’environ 3 heures de marche sur une route sinueuse alternée ombragée et ensoleillée. Un souvenir mémorable, nous avons rencontré des cerfs sauvages, un serpent, des papillons géants, des aigles encore des aigles et les plus belles plages du japon !

Je terminerai par ce coucher de soleil que j’ai attendu sur le port et vu se profiler comme un courant accéléré passant du rose aux flamants de feu en quelques minutes. Un spectacle étourdissant !

À bientôt en direction de l’épisode #5 !

Itsukushima
Le coucher de soleil a laissé quelques trames mauve. Place au errances des bambi tranquilles.
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