Hiroshima août 2018 – episode 2

JAPON 2018, FUKUOKA • HIROSHIMA • OSAKIKAMIJIMA • ITSUKUSHIMA • OITA • YUFUIN • BEPPU • FUKUOKA

mon itinéraire au japon 2018

EPISODE 2

Hiroshima – août 2018

Mon premier voyage à Nagasaki en 2015, en tant qu’invitée dans une famille, accueillie comme une proche, mes premiers pas sur le sol japonais, la ville en restanques reposant sur ce port naturel immense, retrouver les images des dessins animés Ghibli, le musée de la bombe, chaque instant m’avait laissée un souvenir de mille curiosités. Je voulais voir Hiroshima.

Hiroshima

Seulement de passage, sous un soleil heureux avec un bleu du ciel si bleu et une énergie positive, la ville ressemble à une image toute neuve. Haute en couleurs, elle esquisse un sourire, un pied de nez timide, elle prie pour la paix et entraine vos yeux en direction du pont Aioi qui chevauche la rivière Ōta.

Nous allons droit au but. Nous descendons tout juste du bus à la station qui porte son nom et caché derrière les grands arbres, on aperçoit le Dome Genbaku. Et même si je l’ai vu sous les 350 angles différents dans Lumières d’été de Jean-Gabriel Périot, de clichés orthochromatiques, noir et blanc, sépia, depuis tous points de vue possibles, à nos mitrailles numériques en couleur, essuyants les climats et la meurtrissure du 6 juin 1945, je suis subjuguée par sa beauté. C’est bien plus qu’une esquisse qui aurait tenu par miracle, le squelette distingué s’est érodé, semble encore plus puissant à jamais pour raconter l’histoire.

J’ai avancé lentement en oubliant les yeux alentours, les frétillants objectifs de la promiscuité. On est forcé de se projeter, entendre et se dresser dans sa tête un portrait noir de la situation passée. Obliant que quelques secondes avant l’intervention la vie était de même en couleurs. La vie heureuse sous ce même bleu et puis ce rideau de fer qui électrifia l’atmosphère en sidération. J’ai rencontré quelques jours après, un monsieur qui me raconta comment sa mère le jour J réussit à sortir du chaos. Elle travaillait juste à côté de la préfecture de Genbaku. Quand la bombe explosa, le plafond de son bureau s’effondra, puis le sol céda sous ses pieds alors elle fut entraînée et glissa au sous-sol et c’est ainsi qu’elle fut protégée des premières réactions. Ensuite elle sorti des décombres et marcha pendant plus de six heures…

Le squelette est découpé comme sur-mesure pour un décor, des corbeaux sont nichés au sommet et rajoutent un effet, les corbeaux sont partout au japon. Kenzō Tange, architecte et urbaniste japonais, remporte en 1949 le concours pour le Parc de la Paix et le musée de la bombe atomique, qu’il dessina au centre de la ville reconstruite.

Connaissez-vous l’histoire de cet être vivant qui survécu au bombardement ? En effet, l’explosion de la bombe atomique a terrassé presque toute la ville d’Hiroshima et a engendré environ 250 000 victimes dont plus de 70% sont mort au moment du bombardement. Étonnamment, un être précieux qui était tout près de l’épicentre a survécu à la violence de l’impact, c’est l’arbre aux quarante écus ou le ginkgo biloba du temple Hosen.

Il n’a même pas été déformé ! Il y a aussi des camphriers, camélias, palmiers ; regardez cette page, elle répertorie les arbres qui ont survécus !

Construit près de l’hypocentre de l’explosion de la bombe, Le Parc du Mémorial de la Paix d’Hiroshima abrite un tombeau vide que l’on appelle cénotaphe. C’est l’endroit où reposent les âmes de ceux qui ont péri par la bombe A et où l’on peut prier pour la Paix. Voici L’épitaphe en plusieurs langues.

On peut y lire  » Reposez en paix, car nous ne laisserons pas se reproduire la tragédie  » gravée sur le cénotaphe qui contient un registre de toutes les victimes de la bombe atomique au Japon et ailleurs, au sein d’une chambre en pierre située en son centre.

L’objectivité irréfutable

Les premières photos prises à Hiroshima et Nagasaki les 6 et 10 août 1945 ont un statut très particulier parce que les bombardements atomiques sur ces deux villes furent des événements uniques dans  toute l’histoire de l’humanité. C’est là qu’on parle d’objectivité irréfutable. Quand ces charges ont explosé, elles ont libéré tellement d’énergie qu’on la compare à un petit soleil. Un flash d’une intensité terrible s’est répandu dans l’espace. À ce moment-là, tout ce qui se trouvait sur le passage de la lumière, les bâtiments, les arbres, les corps sont devenus de véritables plaques photographiques, comme en témoignent les ombres portées qu’on a retrouvées dessinées sur des parois blanchies au lendemain du drame.

…/…Chaque objet réagit en changeant de couleur, passant du blanc au noir ou du noir au blanc selon ses qualités respectives, un peu comme un papier photosensible. Par un effet de mise en abyme, les images photographiques des traces du drame atomique – empreintes d’empreintes – nous permettent de remonter directement au cœur de l’explosion. Elles sont arrachements de l’image, vengeances de la lumière sur la matière…/…

Je vous donne rendez-vous demain si le temps nous est favorable !

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