Callilygraphies

Mon enfance est marquée par les récits d’un voyage professionnel de mon père 
au japon. Il nous détaille tout de cet étrange pays lointain. Il commence par installer des pas japonais dans le jardin : il est fasciné par cette bienveillance générale. Le monde asiatique arrive peu à peu dans notre quotidien à travers la découverte de la cuisine, l’art de sculpter le bois, le shintoïsme, les musiciens. J’attendrai seulement 2015 pour m’évader seule avec mon sac-à-dos trop lourd pour enfin voir et goûter. Les toitures des maisons sont aussi élégantes que les vieilles dames. La cuisine miniature me rappelle les dinettes organisées avec ma sœur. Je suis embarquée par les gravures nihonga ; Edo, son histoire et ses démolissions à répétition.

Depuis 5 ans, cinq voyages où j’explore le japon et viennent progressivement des habitudes. Des directions à Tokyo que j’emprunte sans cesse, par nécessité. Dès l’instant où mes pieds franchissent le sol japonais, c’est comme si j’avais reconnu un lieu. Rencontrer et dormir dans des maisons de poupées où le sol sent la paille fraiche, où les papillons ont la taille des moineaux, où je peux jouer avec les cigales géantes, est un véritable sentiment de bien-être. Plus qu’ailleurs, pourquoi ? Je ne connais pas tous les ailleurs mais cet ailleurs me régale plus que les autres. Je souhaiterais y vivre pour ne plus attendre d’y retourner. La ville électrique, la chaleur, le ressac touristique, le regard d’une maiko en équilibre sur ses okobo, les vieillards balayeurs d’un sol sans poussière, la montagne, les ryokans, les onsens, la couleur acidulée des plaines rizières, tout me ravit. Mes pèlerinages commencent à Tokyo, j’arpente les petites rues traditionnelles enchevêtrées de fils et remplies de mille objets et plantes, tout est belle curiosité. L’ordre désordonné, tout y est contradiction. Vient ensuite l’envie de nature dans les îles lointaines de Kyushu, la mer est chaude ; je rencontre des artisans dans les montagnes de Kyoto. Il me manque la cérémonie du thé, retourner rencontrer les japonais qui m’ont marquée.

Au cours de mes voyages, bien avant de dessiner, je raconte via un blog en temps réel, le récit de mes découvertes.

Cette année 2019, je n’ai pas encore écrit. J’ai décidé de profiter davantage. Je photographie beaucoup afin de rapporter de la matière pour le travail que je ferai en rentrant sur ma table à dessin. Les Callilygraphies, à l’encre japonaise sur papier aquarelle et bientôt papier de riz avec parfois une touche de rouge acrylique, racontent les rues en perspective et les compositions d’amoncellements d’objets, les néons versicolores, le train qui circule en pleine ruelle, les panneaux d’idéogrammes, les affiches, les lampions, les fils électriques, les échoppes de salarymens…

 

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