Asuka avril 2017 – episode 7

EPISODE 7

Pélerinage au japon, avril 2017 – Tokyo • Fujiyoshida • Wakayama • Asuka • Nara • Kyoto

Asuka – avril 2017

Sakura mon amour

Liberté, liberté chérie ! Seule restriction le respect d’autrui et retirer ses chaussures presque partout excepté sur le bitume. Attentions et bienveillances, gymnastiques de tout instant, la litanie reconnaissante presque aboyée en allégresses !! Bienvenue et merci avant, merci pendant et merci après ; non je recommence 3 ou 4 bonjour bienvenue avant, un merci pendant et 3 ou 4 bienvenue pendant pour graver les échos et puis un merci de l’après marqué par un « chita » prononcez [chta !] en suffixe rajouté au merci. Attention si vous vous prêtez au jeu et répétez à votre tour votre merci, là c’est fichu, ils auront le dernier mot ! On file en direction d’Asuka avec tant d’impatience depuis si longtemps.

Passe un train chat, puis un train fraises, arrive un train local turquoise et le soleil vous chauffe le visage, la vue est superbe. Partager le wagon avec une équipe entière de football de jeunes garçons de 16 ans en tenue. Assis dans le wagon, la tête penchée sur leur iphone et tranquilles. De temps en temps nous font un petit salut de la tête. Bon c’est vrai nous avons de drôles de visages.
Tous les trains sans exception semblent à l’état neuf sortis d’usine.

Asuka [Aska], un village du canton de Takaichi, situé au centre de la préfecture de Nara au Japon. Nous sortons de la gare, matinée, envie d’un brunch, nous sélectionnons un family restaurant exigüe à l’allure de maison privée avec une petite carte présentant quatre photos de plat. Ce sont toujours des assiètes remplies en exemple. Une vieille dame souriante à l’intérieur nous parle en japonais et nous fait comprendre qu’il n’y a qu’une seule place disponible, alors un vieux monsieur tout petit qui déjeûnait nous propose une place devant lui à sa table, nous sommes deux et une tension étrange et positive nous empêche de repartir, quelques mots se croisent et s’en suit un couple de jeunes touristes japonais qui nous propose de partager leur table ! J’adore, on accepte tout de suite. On se sent comme chez les amis. On choisit des plats traditionnels assez simples composés de bambou, champignons, soupe miso, riz blanc, viande indescriptible et maquereaux tièdes pour moi.
L’intérieur ressemble à un salon privé avec du bazar partout ; la télé allumée et ce même petit monsieur semble extrêmement curieux de notre visite. Il entame la conversation avec une enflammation ascentionnelle, plus ou moins traduite par le jeune à côté de moi et tout le monde se prête à l’exercice hilarant de conversation japo-franco-anglaise. Le monsieur a passé deux jours dans sa vie à Paris et semble passionné de conservatoire et musique classique, il cite nos classiques, il remue beaucoup, on enchaîne alors avec nos histoires de viole de gambe et violoncelle. Impossible de l’arrêter. Il semble tout juste emmeché et quelques mots de français lui reviennent, il dodeline de la tête comme un petit chien de plage arrière de voiture. Il veut tout connaître de nous !
Il sera difficile de repartir.

Je file au 7-11 acheter des bricoles, je laisse Louise-la-flemme à la gare et en redescendant je contourne le family restau pour me cacher, j’emprunte le canal longé de sakuras en fleurs et Bing !!! Le petit monsieur fumait sa clope derrière le restau, Bang ! Il me voit et saute le muret pour me rejoindre, il fait un Hoooooo !!! En me voyant et Boum, il se casse la gueule par-terre, se relève aussitôt comme si de rien n’était et commence une litanie japonaise à toute vitesse pour me retenir, je lui explique en englais que pas d’inquiétude ! Mes hôtes viennent me chercher en voiture et que je dois repartir, j’esquisse 12 baï-baï (en japonais) et je file à la française !

La guesthouse d’Asuka est encore une maison d’hôte à dimensions de poupées. Et pourtant spacieuse à l’intérieur avec un espace lounge oú l’on parle toutes les langues du monde autour d’un repas local et un verre, ou trois, de saké. Nous partageons notre diner avec un observateur d’oiseaux, canadien avec sa femme en voyage pour 2 mois au japon, le rêve pensais-je. Choquant pour les japonais qui n’ont même pas de vacances obligatoires et prennent parfois juste une semaine. Le lendemain des francais, toujours des français, australiens, allemands et beaucoup, beaucoup de japonais en vacances.

Un petit groupe travaille ici car les chambres sont denses ; ma préférée se nomme Yuko, sur la photo nous sommes assises à côté, elle rie tout le temps et notre anglais à nous deux est égal, c’est un régal de parler avec elle ! Sur la dernière photo de la galerie, les deux Yuko se retournent ensemble !

 

Virée nocturne au Tumulus Ishibutai

Le kofun d’Ishibutai est un tumulus de pierre de la période Asuka à l’est des vestiges Shimanoshō à Asuka, dans la préfecture de Nara au Japon. Ce kofun passe pour être la tombe de Soga no Umako. Les cerisiers sakuras sont de variétés différentes qu’en france avec une palette du blanc au rose-rouge et les fleurs sont individuelles toutes petites.

Une parisienne de passage rencontrée à la guest house. Traversée du japon a velo avec 40kg d’affaires, 60km par jour. Camping sauvages, guesthouses et chez l’habitant. Un genou en vrac, des angoisses avec jetlag mais motivée.

Chambres communes entre filles. Première fois que je passe une nuit confortable à poings fermés dans un dortoir, lits spacieux et voisines respectueuses du calme et de la lumière ; ma première expérience en 2015 avait été difficile à Tokyo.

 

2ème jour – Yoshino,

excursion dans la montagne aux milles temples, un pèlerinage pour les japonais en vacances. Exploité d’assaut par les autochtones, la cuisine traditionnelle et l’artisanat sont presque plus attractifs que les temples ! C’en est presque trop…

Nous grimpons vers le Kinpusen-ji temple, principal temple de la shugendō, religion ascétique qui combine koshintō (shintoïsme antique), bouddhisme et croyances animistes et selon laquelle les croyants doivent vivre dans les régions montagneuses.

Fondé durant la seconde moitié du vie siècle par En no Gyōja, créateur du shugendō, le temple se trouve dans la ville de Yoshino dans la préfecture de Nara au Japon.

Cet endroit acquiert de l’importance durant l’époque Nanboku-chō car il est l’épicentre de la Cour du sud. Point important dans un ensemble de routes de pèlerinage bouddhistes, il devient aussi un temple bouddhiste.

 

Mon instant préféré de cette journée fut lorsque je m’arrêtai prés d’un mur pour choisir une carte postale, Une exhibition de dessins parmi les pâtisseries, rencontre avec le peintre et échanges de nos travaux, moi petite gribouilleuse et lui impressionniste japonais professionnel.

Je passai devant une devanture de jolie maison ouverte sur des petits salons traditionnels parfumés à l’encens pour payer ma carte et au loin je fus attirée par un jeune homme en tenue ancienne, il me faisait signe de rentrer, mais pas à la façon d’un vendeur ambulant, d’une autre façon, cela voulait dire viens voir mon travail, tu vas aimer… C’était une maison transformée en exposition. Je grimpai une marche après avoir retiré mes chaussures et je traversai le couloir jusqu’à cette pièce carrée. Mon attention se tourna tout de suite sur un petit tableau que je ne pus quitter des yeux et la conversation commença ; il ne connaissait que 10 mots d’anglais, or, maintenant je réussi à converser avec des japonais qui ne parlent pas ou peu anglais avec chacun nos mots, l’exercice est assez original et l’on finit par se comprendre ! Il présentait des estampes au lavis, peintes par son père et les siennes. Sa maman plus tard me montra des photos de lui en train de peindre dans les rues de Paris ! Je lui montrai ensuite mes encres très modestement et son émotion me toucha fortement. Si son petit tableau, encadré, environ format 40×30 cm, avait pu se glisser dans mon sac facilement, je l’aurais acheté, un coup de cœur, il n’était pas très cher, je le quittai avec juste le souvenir et une carte postale.

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